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Réseau des médiathèques de Clamart

 Le Chardonneret – Donna Tartt. Plon, 2014

Théodore Decker a 13 ans lorsque, en visite au musée, une terrible explosion dévaste les lieux. Sa mère meurt sur le coup. Profondément choqué et désorienté, les heures qui suivent et les décisions confuses qu'il va prendre marqueront irrémédiablement son avenir proche et lointain.

Après « Le Maître des illusions » et « Le Petit copain », on retrouve quelques ingrédients favoris de l'auteur : Le jeune protagoniste victime d'un trauma personnel et familial doit suivre un chemin malgré lui, fuyant les perfidies et tromperies de certains adultes malveillants de son entourage. Il va naviguer entre son « ça » et son « surmoi », à savoir son attachant ami Boris, amoureux fiévreux de la vie dans ses extrêmes les plus dangereux ; et la délicate Pippa, gracieuse créature rafistolée en phase d'équilibrage.

Cependant cette fois une teinte particulière vient enrichir le récit, tonalité qui n'est pas sans rappeler l'errance écorchée de Chappie, héros du saisissant « Sous le règne de Bone » de Russel Banks.

Le héros n'est pas tout à fait héroïque... Le bien n'est pas forcément le plus tentant...

« Où est-ce qu'il est dit, où que ce soit, que seul le mal résulte des mauvaises actions ? Peut-être parfois la mauvaise manière est la bonne.... »

Ah bon, ouf !

A lire avidement

ACB

Le dernier gardien d'Ellis Island – Gaëlle Josse, Noir sur blanc, 2014

Le 3 novembre 1954, neuf jours avant la fermeture d'Ellis Island, lieu mythique de New York, passage obligé de milliers d'immigrants en quête d'un avenir meilleur, John Mitchell, gardien du centre d'immigration est le dernier homme présent sur l'ile. Il va mettre à profit ces neuf jours et neufs nuits pour écrire son journal et se remémorer les 45 années qu'il a passé ici. Au fil des pages on découvre autant les conditions de vie du centre, le destin, l'espoir et les peurs des immigrés que la vie de cet homme replié sur lui-même.

Par son écriture sobre et fluide, Gaëlle Josse parvient à recréer l'atmosphère si particulière qui a hanté ce lieu et à dépeindre une partie de la vie des exilés et de cet homme qui ont vu leur destin basculer sur l'ile.

Un récit poignant et poétique.

IFO

Nos gloires secrètes – Tonino Benacquista. Gallimard, 2014

Je m'apprêtais à me lécher les babines du dernier Benacquista, auteur vénéré au plus haut point... confiante, habituée aux délices qu'il peut nous offrir...

Or la première nouvelle, bien que digne de son ton ironique et clairvoyant, ne m'emballa pas au point que j'espérais. La seconde, victime de ma demi-déception précédente, m'agaça ... Mais lorsque mon scepticisme daigna lire les premières lignes de la « Patience d'ange », la justesse, la finesse percutante, et la profondeur de son discours anéantirent d'un seul coup mes doutes blasphématoires ! D'insatisfaite je me transformais en dévoreuse.

Le talent de l'artiste rend le gourmand peu indulgent... Quelle erreur !

ACB

(Ouvrage disponible en gros caractères.)

 

Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive - Christophe Donner. Grasset, 2014

A quoi bon s'échiner à inventer des personnages lorsque la réalité vous en offre sur un plateau ? Berri, Rassam et Pialat sont les trois
personnages vrais du roman faux de Christophe Donner. À moins que ce ne soit le contraire !

Ceux qui s'intéressent au cinéma connaissent leurs noms : dans les années 1970, Rassam fut notamment le producteur de Forman, de Bresson, de Ferreri, de Jean Yanne, aussi le beau-frère de Claude Berri, l'ami/ennemi de l'impossible Maurice Pialat

Quoi de neuf, d'inédit là-dedans ? Certes rien, les livres d'histoire et les biographies sont là pour ça. C'est la façon dont Donner s'approprie cette époque et ces personnages qui est étourdissante

Pourquoi un tel titre? La phrase aurait été prononcée par le cinéaste Orson Welles durant le Festival de Cannes. Jean-Pierre Rassam tente alors de corrompre la totalité du jury pour que Milos Forman obtienne la Palme d'or du Festival de Cannes en mai 1968. Ça tourne au fiasco. Et la phrase, c'est : on n'a jamais ce qu'on mérite dans la vie et c'est pour ça que la moindre des choses est de ne pas se plaindre.